Hommage à ma grand-mère Marie-Rose

Certains deviennent écologiste en comprenant les enjeux de la crise écologiste. C’est en réaction à une situation. Pour ce qui me concerne, je ne me suis jamais posé la question car cette question ne s’est jamais posée et sans doute grâce à ma grand-mère, paysanne. Les souvenirs de mes vacances à Roquetoupie, la propriété familiale sont parmi les plus anciens. Mes promenades seuls dans les champs, les forêts, les escalades des arbres, la mini falaise sont profondément ancrés dans mes souvenirs, ainsi que la fois où ma grand-mère a accompagné le vêlage d’un petit veau dans l’étable. Je ne suis pas à coté de la nature mais avec la nature. Les êtres humains ne sont ni extérieurs, ni au dessus des écosystèmes, ils en sont une des composantes.

Mais ma grand-mère, c’est aussi une paysanne veuve qui a élevé ses trois enfants dans un monde difficile et masculin, qui a vécu sans voiture, obligé d’aller en mobylette, vendre ses produits. Une femme qui a beaucoup souffert mais qui est toujours restée digne dans l’adversité, une leçon de vie.

Mon regret est de ne pas avoir pu la classer dans les Justes parmi les Nations, comme d’autres personnes de la région car elle est morte en 2018 à l’âge de 94 ans mais son esprit reste là. J’espère être digne de son histoire, ne jamais céder, rester humble, fier de ses valeurs humanistes même si cela me dessert parfois.


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